Aux Émirats arabes unis, les Rafale français ont abattu des «dizaines de drones et de missiles iraniens» en quinze jours

par Laurent Lagneau · 18 mars 202

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Dès le début de l’opération «Fureur épique», lancée le 28 février par les États-Unis contre le régime iranien, plusieurs pays du golfe Persique, ont dû faire face à des attaques parfois massives de drones et de missiles contre leurs emprises militaires et leurs infrastructures critiques. C’est ainsi que, le 1er mars, un hangar de la base navale française établie à Abu Dhabi a été touché, sans faire de victime.

Ces attaques iraniennes concernent la France étant donné que celle-ci a pris l’engagement de «participer» à la défense des Émirats arabes unis ainsi que de «dissuader et de repousser toute agression qui serait menée par un ou plusieurs États».

C’est la raison pour laquelle les six chasseurs-bombardiers Rafale de l’escadron 1/7 Provence de la base aérienne 104 d’Al Dhafra ont tout de suite été sollicités pour défendre l’espace aérien émirien. Depuis, ils ont été rejoints par six autres appareils, fournis, a priori, par la 4e Escadre de chasse établie à Saint-Dizier. Visiblement, ils ne sont pas de trop…

«Compte tenu du volume des attaques, ils décollent tous les jours pour assurer la défense de notre partenaire, 24 heures sur 24. Nous avons des créneaux partagés avec l’aviation de chasse émirienne pendant lesquels au moins un Rafale armé vole à la lisière du territoire émirien pour intercepter à tout moment missiles et drones, dans une posture strictement défensive», a ainsi expliqué le général Marc Le Bouil, le chef du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes [CDAOA], dans un entretien accordé au quotidien L’Opinion [édition du 17 mars].

Les Rafale français n’ouvrent le feu qu’en cas de «menace avérée contre les intérêts défendus». Ce qui est quasiment toujours le cas. Depuis le 28 février, ils ont ainsi «engagé et détruit plusieurs dizaines de drones et de missiles» iraniens, selon le général Le Bouil, qui s’est refusé à donner un chiffre précis.

«Les tactiques iraniennes évoluent jour après jour : on observe que depuis le début de la campagne, le nombre d’objets lancés et leur fréquence varient. Les vagues sont sans doute moins nombreuses qu’au début, mais on constate que les Iraniens se mettent en capacité de faire durer leurs attaques. […] Il peut y avoir dix missiles à un moment donné et puis, trois après, ce sera peut-être le double ou la moitié», a-t-il détaillé. Ce qui met évidemment les équipages sous pression.

Pour les missions air-air, outre le METEOR, le Rafale dispose de missiles MICA IR/EM [infrarouge et électromagnétique] et d’un canon 30M791 de 30 mm.

Évidemment, au regard de l’activité aux Émirats arabes unis [voire en Jordanie], le stock de missiles MICA IR/EM doit s’épuiser, les cibles n’étant pas toutes «traitées» au canon.

«Le stock de missiles MICA a très [trop] rapidement fondu sous le chaud soleil des Émirats malgré la fameuse économie de guerre lancée depuis plus de trois ans par Emmanuel Macron. Si la France aide autant qu’elle le peut son partenaire émirien reconnaissant, ce conflit révèle à nouveau et cruellement l’une des vulnérabilités les plus criantes des armées françaises, dont l’armée de l’air : les stocks de munitions complexes sont encore très échantillonnaires. C’est le cas aujourd’hui des missiles MICA», a ainsi révélé La Tribune.

Ce qui, selon la même source, susciterait des «tensions» entre l’État-major des armées, la Direction générale de l’armement et MBDA. Le sujet aurait dû être abordé lors d’une réunion convoquée le 17 mars par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais celle-ci a finalement été annulée au dernier moment, pour des «raisons d’agenda».

En attendant, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace, le général Jérôme Bellanger, a adressé un satisfecit à ses troupes, après s’être rendu aux Émirats arabes unis.

«Depuis les premiers instants du conflit, vous êtes mobilisés pour protéger nos ressortissants et contribuer à la sécurité de nos partenaires de la région. Dans un environnement marqué par une menace réelle, […] vous assumez vos responsabilités avec sang-froid, maîtrise et sens du devoir. Je mesure les difficultés que cette situation impose à votre quotidien et à celui de vos proches. Malgré cela, vous poursuivez votre mission avec détermination», a-t-il en effet salué, via le réseau social LinkedIn.

Et d’ajouter : «Le chef d’état major de l’armée de l’Air émirienne m’a renouvelé la confiance qu’il porte à votre engagement et a souligné l’importance de l’action de l’Armée de l’air et de l’espace aux côtés de ses Aviateurs. Cette période très sensible vécue ensemble incarne l’excellence de la coopération aérienne initiée il y a longtemps maintenant entre les Émirats Arabes Unis et la France. Vous avez tout mon soutien. Vous faites notre fierté».