Un sous-officier du 7e Bataillon de Chasseurs alpins a été tué lors d’une attaque de drone en Irak
par Laurent Lagneau · 13 mars 2026

Le 12 mars au soir, l’État-major des armées [EMA] a confirmé auprès de l’AFP qu’au moins six militaires français venaient d’être blessés lors d’une attaque de drones dans la région d’Erbil [Kurdistan irakien] et qu’ils avaient été immédiatement pris en charge par le «centre médical le plus proche». Et de préciser qu’ils étaient «engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens», dans le cadre de l’opération Chammal [nom de la participation française à la coalition «Inherent Resolve», dirigée par les États-Unis, ndlr].
D’après les autorités locales, cette attaque a visé une base implantée à Mala Qara, une localité située à environ quarante kilomètres d’Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. Elle aurait impliqué deux drones.
Suite au lancement des opérations «Fureur épique» et «Lion rugissant», menées respectivement par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, le Kurdistan irakien a été visé par des attaques de drones à plusieurs reprises, notamment dans le secteur d’Erbil. Ce qui a d’ailleurs conduit l’Italie à retirer temporairement son détachement militaire de la région.
L’attaque contre les militaires français a été implicitement revendiquée par le groupe Ashab al-Kahf [littéralement, les «gens de la grotte», également connu sous le nom de Kataib Sarkhat al-Quds], un groupe armé inféodé au régime iranien apparu en 2019. «Nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques», a-t-il annoncé, via son canal Telegram, ce 13 mars. Et cela en réponse au déploiement du porte-avions Charles de Gaulle au Proche-Orient.
Cela étant, via un message posté sur le réseau social X à 1h37 du matin, le président Macron a annoncé que l’un des militaires touchés lors de cette attaque venait de succomber à ses blessures.
«L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak. À sa famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité de la Nation. Plusieurs de nos militaires ont été blessés. La France se tient à leurs côtés et avec leurs proches», a-t-il indiqué.
«Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daesh depuis 2015 est inacceptable», poursuivi M. Macron, avant de rappeler que «leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme». Aussi, a-t-il conclu, «la guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques».
Plus tard, l’État-major des armées a précisé que, à 20h40 [heure de Paris], sept militaires français avaient été touchés par la frappe contre la base de Mala Qara, dont l’adjudant-chef Arnaud Frion qui «malgré une prise en charge rapide par les équipes médicales présentes, a succombé à ses blessures. Le rapatriement des six autres blessés «se met en place», a-t-il ajouté.