Montcalm, le courage loin de sa terre
Il y a des héros qui défendent leur maison.
Et il y a ceux qui défendent une idée, à l’autre bout du monde.
Louis-Joseph de Montcalm fait partie de ces hommes-là.
Nous sommes au XVIIIe siècle. La France et l’Angleterre s’affrontent pour le contrôle de l’Amérique du Nord. La Nouvelle-France — l’actuel Canada francophone — est menacée.
Montcalm est envoyé à des milliers de kilomètres de chez lui.
Climat hostile. Ressources limitées. Renforts incertains.
Il sait que la situation est fragile.
Mais il accepte la mission.
Pendant plusieurs années, il mène ses troupes avec intelligence et détermination. Il remporte plusieurs victoires face à des forces supérieures en nombre. Il galvanise ses soldats. Il inspire confiance.
Puis vient 1759.
La bataille des Plaines d’Abraham, près de Québec.
Les forces britanniques prennent position. L’affrontement est brutal. Rapide. Décisif.
Montcalm est grièvement blessé.
On lui annonce que la ville risque de tomber.
Il aurait pu céder à la colère.
Il aurait pu accuser.
Il aurait pu fuir.
Il répond simplement qu’il est heureux de mourir pour sa patrie.
Il meurt le lendemain.
La Nouvelle-France passera sous domination britannique.
La bataille est perdue.
Mais l’exemple demeure.
Pourquoi parler de Montcalm aux jeunes aujourd’hui ?
Parce qu’il incarne une vérité essentielle : le courage ne dépend pas du résultat.
On vit dans une époque obsédée par la victoire, par le succès immédiat, par l’image.
Montcalm nous rappelle que la valeur d’un engagement ne se mesure pas uniquement à l’issue.
Il savait que les chances étaient faibles.
Il est resté.
Il aurait pu préserver sa carrière.
Il a choisi l’honneur.
Il aurait pu se replier.
Il a assumé.
Ce n’est pas la défaite qui définit un homme.
C’est la manière dont il affronte l’épreuve.
Montcalm ne s’est pas battu pour sa gloire personnelle.
Il s’est battu pour une mission, pour des hommes, pour une responsabilité.
Aujourd’hui, beaucoup pensent que l’engagement est dépassé. Que les causes sont floues. Que le courage est ringard.
Mais dans chaque génération, il y a des moments où il faut tenir.
Tenir dans ses études.
Tenir dans ses valeurs.
Tenir face à l’adversité.
Tenir quand tout le monde abandonne.
Montcalm nous rappelle que l’honneur n’est pas une vieille notion poussiéreuse. C’est une attitude face au monde.
Le 23 février, souvenons-nous de lui.
Pas pour glorifier la guerre.
Mais pour rappeler que le courage, lui, est intemporel.
Rester debout.
Même quand la bataille semble perdue.

