par Laurent Lagneau · 20 février 2026
Le ministère des Armées annonce la création d’un Laboratoire de robotique et d’intelligence artificielle de défense

Créée en 1741, l’École des ingénieurs-constructeurs de vaisseaux royaux est devenue, au fil du temps, l’École nationale supérieure de techniques avancées [ENSTA]. Si, autrefois, sa mission était de former les ingénieurs de l’armement, elle a ouvert son concours d’admission aux élèves civils au début des années 1990… tout en restant sous la tutelle de la Direction générale de l’armement [DGA].
Actuellement, ayant rejoint l’Institut Polytechnique de Paris, l’ENSTA compte 2 200 élèves ingénieurs, 300 doctorants, environ 200 enseignants et, désormais, 12 laboratoires de recherche depuis l’accord qu’elle vient de signer avec l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense [AMIAD] du ministère des Armées.
En effet, le 18 février, ayant déjà noué une coopération en 2024, l’ENSTA et l’AMIAD sont convenues d’aller plus loin en portant sur les fonts baptismaux le LAboratoire Robotique et IA de Défense [LARIAD], avec l’ambition d’en faire un « acteur de référence sur la scène nationale et européenne dans le domaine de la robotique intelligente et collaborative ».
Dans le détail, explique le ministère des Armées, ce laboratoire commun à l’AMIAD et à l’Unité d’Informatique et d’Ingénierie des Systèmes [U2IS] de l’ENSTA permettra de « dynamiser » leurs programmes de recherche respectifs « à travers l’exploration et le développement de solutions d’intelligence artificielle adaptées à la navigation, à la collaboration et à l’interaction dans des systèmes robotiques hétérogènes ».
Via le réseau social LinkedIn, l’AMIAD avance que le LARIAD contribuera « activement à l’avancement de la recherche en robotique au travers de publications académiques et de contributions open-source, tout en créant un écosystème de collaboration durable, ouvert aux partenariats et à la valorisation technologique ».
En outre, cette initiative permettra aux équipes de recherche de l’AMIAD et à celles de l’ENSTA de partager des « plateformes robotiques, des moyens de calcul ou encore des zones d’expérimentation présentes sur les deux campus de l’ENSTA à Paris-Saclay et à Brest ». Cela étant, le ministère des Armées ne dit pas si le LARIAD aura accès au supercalculateur classifié ASGARD, inauguré en septembre dernier au Mont Valérien [Hauts-de-Seine].
Quoi qu’il en soit, pour le directeur de l’AMIAD, Bertrand Rondepierre, ce « rapprochement entre le monde scientifique et académique est essentiel » pour garantir la capacité à innover et à répondre au défis « imposés ». De son côté, la directrice générale de l’ENSTA, Estelle Iacona, estime que ce partenariat constitue une « étape décisive pour développer des systèmes robotiques autonomes, qu’ils soient terrestres, navals ou aériens, fiables et adaptés aux environnements les plus exigeants ».
Les travaux qui seront menés au sein de ce LARIAD devraient notamment profiter au projet Pendragon de l’armée de Terre [voir photo d’illustration], lequel vise à créer une unité robotisée de combat aéroterrestre.