Protéger le territoire : les armées renforcent leur action en métropole comme en outre-mer
Lors du point presse consacré à la posture de défense en métropole et dans les outre-mer, les généraux Éric Chasboeuf et Géraud Laborie ont détaillé l’engagement permanent des armées. Face à un environnement stratégique dégradé et à une menace terroriste persistante, les forces françaises adaptent leurs dispositifs pour « prendre toute leur place dans la protection des Français ».
Pour le général Éric Chasboeuf, commandant l’état-major interarmées du territoire national métropolitain, la situation ne permet plus de considérer l’espace national comme acquis : « Le territoire national ne peut plus être considéré comme un sanctuaire inviolable. » Cette approche reprend la dynamique impulsée par le chef d’état-major des armées, qui a demandé aux forces d’« être prêtes d’ici à un choc d’ici trois à quatre ans ». Une manière, souligne le général, de rappeler la dégradation du contexte international, la multiplication des catastrophes naturelles et une menace terroriste encore « d’un niveau élevé ».
En métropole, une continuité opérationnelle renforcée
Face à ces réalités, l’action des armées repose sur une continuité opérationnelle en trois volets. Le premier concerne la coopération avec les forces de sécurité intérieure, avec lesquelles les armées « opèrent en miroir ». La préparation des Jeux olympiques a renforcé ce « dialogue civilo-militaire », devenu « la clé du succès de toutes les opérations sur le territoire national ».
Le deuxième volet porte sur l’appui à la sécurité civile. Les armées mettent en œuvre trois unités d’élite, brigade des sapeurs-pompiers de Paris, bataillon des marins-pompiers de Marseille, unité militaire de la Sécurité civile, et engagent régulièrement des soldats en soutien lors d’incendies ou d’inondations. Des exercices exigeants, comme Hydros, permettent de « challenger l’ensemble de nos dispositifs ».
Le troisième volet est purement militaire et s’appuie sur l’opération Sentinelle. Forte de 10 000 militaires mobilisables, elle a gagné en réactivité. Désormais placée sous le commandement direct du général Chasboeuf, elle peut être ajustée immédiatement aux besoins locaux : « Nous avons territorialisé Sentinelle », explique-t-il, permettant aux chefs de corps d’engager des moyens « dans l’urgence », avant passage sous l’autorité du préfet.
Outre-mer : la Guyane en première ligne
Depuis Cayenne, le général Géraud Laborie a présenté les missions assurées par les 2 500 militaires et civils engagés en Guyane, où la priorité est de « défendre nos intérêts en protégeant notre population, nos espaces de souveraineté et notre point d’accès indépendant à l’espace ». Cette mission repose sur trois opérations permanentes. L’opération Titan assure la protection du centre spatial « toute l’année », avec un dispositif terrestre, maritime et aérien renforcé lors des lancements. La lutte contre les trafics en mer constitue le deuxième pilier : pêche illégale et narcotrafic, menés sous l’autorité du préfet et en coopération avec les forces des Antilles et les partenaires régionaux. Enfin, l’opération Harpie combat l’orpaillage illégal, « fléau environnemental, économique et social », aggravé par la forte hausse du cours de l’or (+40% en un an).
Les forces appuient également les populations les plus isolées par des évacuations sanitaires ou des missions logistiques essentielles, comme lors des difficultés de ravitaillement en 2024. À l’horizon 2026, la montée en puissance d’Ariane 6, l’arrivée des hélicoptères Caracal et l’extension des capacités d’accueil de la base aérienne 367 de Cayenne renforceront encore ce dispositif. « Nous sommes en opération permanente », conclut le général Chasboeuf, « déjà prêts, mais humbles et dans une préparation constante ».
1/3/26 => J1